{"id":8286,"date":"2026-03-02T09:26:33","date_gmt":"2026-03-02T09:26:33","guid":{"rendered":"https:\/\/markstothard.com\/2026-03-02\/pratiquer-la-photographie-posthumaniste-a-ouistreham\/"},"modified":"2026-10-15T17:22:16","modified_gmt":"2026-10-15T16:22:16","slug":"pratiquer-la-photographie-posthumaniste-a-ouistreham","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/markstothard.com\/fr\/2026-03-02\/pratiquer-la-photographie-posthumaniste-a-ouistreham\/","title":{"rendered":"Pratiquer la photographie posthumaniste \u00e0 Ouistreham"},"content":{"rendered":"<!DOCTYPE html PUBLIC \"-\/\/W3C\/\/DTD HTML 4.0 Transitional\/\/EN\" \"http:\/\/www.w3.org\/TR\/REC-html40\/loose.dtd\">\n<html><body><div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2000\" height=\"1333\" src=\"https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_205040_z306264.jpg\" alt=\"Le ferry Mont St Michel s&rsquo;engage doucement dans le port d&rsquo;Ouistreham sous un ciel de soir&eacute;e meurtri, sa rampe arri&egrave;re brillant de sel et d&rsquo;usure. Le vrombissement des treuils et le bouillonnement des h&eacute;lices r&eacute;sonnent contre le mur du port, marquant la fin d&rsquo;une travers&eacute;e de la Manche. Des dockers en orange, silhouettes vigilantes, se tiennent pr&ecirc;ts, gardiens du mouvement entre terre et mer. Au-del&agrave; du port, la ville calme attend sous les derni&egrave;res lueurs du jour, ses rues immobiles, son horizon couronn&eacute; par une grande roue tournant doucement au-dessus de la plage.   \" class=\"wp-image-8146\" style=\"aspect-ratio:3\/2;object-fit:cover;width:auto;height:600px\" srcset=\"https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_205040_z306264.jpg 2000w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_205040_z306264-300x200.jpg 300w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_205040_z306264-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_205040_z306264-768x512.jpg 768w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_205040_z306264-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_205040_z306264-90x60.jpg 90w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_205040_z306264-480x320.jpg 480w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_205040_z306264-420x280.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Eaux territoriales &mdash; Arriv&eacute;e &agrave; Ouistreham<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Explorer le tourisme sous un angle posthumaniste, en se concentrant sur le port de ferry d&rsquo;Ouistreham sur la c&ocirc;te normande. Je ne consid&egrave;re pas le port comme un simple lieu de passage. Je le vois plut&ocirc;t comme un espace impr&eacute;gn&eacute; de sentiments, de mati&egrave;res et d&rsquo;&eacute;thique o&ugrave; convergent infrastructures, atmosph&egrave;re, travail, m&eacute;moire et &eacute;cologie. J&rsquo;utilise la photographie pour m&rsquo;engager avec cet espace de mani&egrave;re connect&eacute;e plut&ocirc;t que de simplement l&rsquo;observer.    <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je commence par l&rsquo;arriv&eacute;e au quai du ferry. Les v&eacute;hicules d&eacute;barquent et les passagers se h&acirc;tent vers l&rsquo;int&eacute;rieur des terres. Le flux est fluide et d&eacute;termin&eacute;. Mais je choisis de ralentir. Je pr&ecirc;te attention aux couloirs de b&eacute;ton, aux panneaux peints, aux rampes d&rsquo;acier, aux terminaux de verre, &agrave; l&rsquo;&eacute;clairage et aux barri&egrave;res de s&eacute;curit&eacute; qui guident le mouvement. Ce ne sont pas de simples d&eacute;cors ; ils influencent ma fa&ccedil;on de voir, de ressentir et de me d&eacute;placer. En prenant des photos lentement, je romps la pr&eacute;cipitation habituelle et me concentre sur les surfaces, les textures, les reflets et les atmosph&egrave;res qui passent souvent inaper&ccedil;us.       <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mes id&eacute;es sont influenc&eacute;es par le passage du postmodernisme au posthumanisme op&eacute;r&eacute; par Carole Baker. Alors que la photographie postmoderne nous encourageait &agrave; remettre en question la repr&eacute;sentation et le sens, le posthumanisme demande plus : de l&rsquo;empathie, du sentiment et de la responsabilit&eacute;. Lorsque je l&egrave;ve mon appareil photo &agrave; Ouistreham, je ne cherche pas &agrave; contr&ocirc;ler la sc&egrave;ne. Au contraire, je veux en faire partie. Je ne me vois pas comme un observateur d&eacute;tach&eacute;, mais comme un &eacute;l&eacute;ment d&rsquo;un r&eacute;seau impliquant des humains et des non-humains. Cette approche remet en question la pratique touristique habituelle consistant &agrave; collectionner et &agrave; consommer des images.      <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&Agrave; Ouistreham, je vois la photographie comme une exp&eacute;rience, pas seulement comme un produit. Lorsque mon appareil capture la peinture us&eacute;e d&rsquo;une rampe de ferry ou le motif d&rsquo;une passerelle pi&eacute;tonne, la lumi&egrave;re, l&rsquo;air salin, le m&eacute;tal, les vibrations et le capteur de l&rsquo;appareil s&rsquo;unissent. La photo n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;enregistrement d&rsquo;un lieu ; c&rsquo;est le signe d&rsquo;un &eacute;change d&rsquo;&eacute;nergie. Mon appareil per&ccedil;oit la lumi&egrave;re diff&eacute;remment de mes yeux. Le vent affecte mon &eacute;quilibre et le mouvement du ferry fait vibrer le tr&eacute;pied. Je travaille avec ces forces. L&rsquo;&eacute;nergie se propage &agrave; travers mon corps, l&rsquo;appareil et l&rsquo;environnement. La photo na&icirc;t de cette interaction.        <\/p>\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2000\" height=\"1333\" src=\"https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_221134_idg_20250721_221134_942.jpg\" alt=\"Les passagers attendent dans le couloir de verre du terminal de ferry d&rsquo;Ouistreham alors que l&rsquo;immense coque du Mont St Michel de Brittany Ferries se profile &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur. La sc&egrave;ne devient un reflet stratifi&eacute; du voyage et de la pause, o&ugrave; les silhouettes des voyageurs fusionnent avec la g&eacute;om&eacute;trie industrielle des poutres, des lumi&egrave;res et du lettrage colossal du navire. &Agrave; travers les barri&egrave;res transparentes, la r&eacute;alit&eacute; et la m&eacute;moire se chevauchent : la promesse de l&rsquo;accostage contre le rythme persistant de la mer.  \" class=\"wp-image-8147\" style=\"aspect-ratio:3\/2;object-fit:cover;width:auto;height:600px\" srcset=\"https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_221134_idg_20250721_221134_942.jpg 2000w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_221134_idg_20250721_221134_942-300x200.jpg 300w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_221134_idg_20250721_221134_942-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_221134_idg_20250721_221134_942-768x512.jpg 768w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_221134_idg_20250721_221134_942-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_221134_idg_20250721_221134_942-90x60.jpg 90w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_221134_idg_20250721_221134_942-480x320.jpg 480w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250721_221134_idg_20250721_221134_942-420x280.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Reflets d&rsquo;arriv&eacute;e &mdash; Terminal d&rsquo;Ouistreham<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les id&eacute;es de Vincent Blok sur la r&eacute;activit&eacute; mat&eacute;rielle m&rsquo;aident &agrave; voir les infrastructures diff&eacute;remment. Je ne consid&egrave;re pas l&rsquo;acier, l&rsquo;asphalte, le verre et le b&eacute;ton comme des supports sans vie. Ils durent, se corrodent, r&eacute;sistent et changent avec le temps. Lorsque la lumi&egrave;re du matin brille sur une barri&egrave;re de ferry et se r&eacute;pand sur le tarmac mouill&eacute;, je ressens la pr&eacute;sence de la mati&egrave;re. En photographiant une borne d&rsquo;amarrage rouill&eacute;e couverte d&rsquo;algues, je remarque comment les formes industrielles et la vie marine coexistent. Le m&eacute;tal conserve sa forme tandis que les algues s&rsquo;y d&eacute;veloppent lentement. Je ne montre pas le d&eacute;clin comme un spectacle, mais je pr&ecirc;te attention &agrave; une conversation entre les mati&egrave;res.       <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;affect transindividuel de Gilbert Simondon fa&ccedil;onne &eacute;galement mon travail. Je ne vois pas les &eacute;motions comme &eacute;tant simplement &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de moi. Au port, les sentiments circulent entre l&rsquo;infrastructure, la m&eacute;t&eacute;o, les vibrations m&eacute;caniques, l&rsquo;histoire et mes propres sens. Debout dans un terminal de passagers vide &agrave; l&rsquo;aube, regardant les portes vitr&eacute;es trembler sous le vent, je ne qualifie pas ce sentiment de nostalgie ou de tristesse. Au lieu de cela, je l&rsquo;exp&eacute;rimente comme un &eacute;quilibre d&eacute;licat, un espace o&ugrave; diff&eacute;rentes &eacute;nergies coexistent sans se fixer. Le tourisme ici n&rsquo;est pas seulement une question d&rsquo;attractions ; c&rsquo;est un syst&egrave;me de sentiments.      <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les images que je partage dans ce journal refl&egrave;tent cette approche. Dans l&rsquo;une d&rsquo;elles, un navire de Brittany Ferries s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; accoster. La rampe remue l&rsquo;eau contre le mur du port. Je capture la puissance m&eacute;canique, la turbulence et la lisi&egrave;re urbaine. Je ne pr&eacute;sente pas le navire comme une figure h&eacute;ro&iuml;que, mais je le montre connect&eacute; &agrave; la mar&eacute;e, &agrave; la pierre et &agrave; l&rsquo;infrastructure. Dans une autre photo, je photographie &agrave; travers la vitre du terminal. L&rsquo;image de marque, les poutres, les lumi&egrave;res int&eacute;rieures et mon reflet t&eacute;nu se m&eacute;langent. L&rsquo;int&eacute;rieur et l&rsquo;ext&eacute;rieur se confondent, et la photo r&eacute;siste &agrave; une division claire entre l&rsquo;observateur et l&rsquo;observ&eacute;.        <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&Agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la salle d&rsquo;attente, je photographie des billards, des distributeurs automatiques, des chaises &eacute;parpill&eacute;es et un panneau en ardoise. Au premier abord, l&rsquo;espace semble vide. Mais l&rsquo;attente est active. L&rsquo;entretien se fait. L&rsquo;anticipation bourdonne. La beaut&eacute; ne vient pas de l&rsquo;arriv&eacute;e, mais du fait d&rsquo;&ecirc;tre entre deux. Dans une autre photo, un sentier de dune sinueux m&egrave;ne &agrave; un ferry lointain. Je cadre les prairies, les cl&ocirc;tures, le ciel et le navire de mani&egrave;re &eacute;gale. Le vaisseau n&rsquo;est qu&rsquo;une partie de l&rsquo;&eacute;cosyst&egrave;me c&ocirc;tier, pas un symbole dominant.         <\/p>\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2000\" height=\"1333\" src=\"https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250727_064948_img_4762.jpg\" alt=\"&Agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du terminal du port de ferry d&rsquo;Ouistreham en Normandie, en France, la lumi&egrave;re se d&eacute;verse doucement &agrave; travers les lucarnes, &eacute;clairant un moment de calme entre deux voyages. Les poutres en bois et le sol carrel&eacute; de la salle encadrent une atmosph&egrave;re de fugacit&eacute;, o&ugrave; des baby-foots et des billards sont pr&ecirc;ts &agrave; distraire les voyageurs du rythme lent de l&rsquo;attente. Un panneau en ardoise r&eacute;serve un modeste espace caf&eacute;, rappel de l&rsquo;ordre humain au milieu du flux et du reflux des voyages. &Agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, les ferries attendent leur prochaine travers&eacute;e vers l&rsquo;Angleterre, tandis qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, le temps semble suspendu, saisi entre le d&eacute;part et l&rsquo;arriv&eacute;e.   \" class=\"wp-image-8149\" style=\"aspect-ratio:3\/2;object-fit:cover;width:auto;height:600px\" srcset=\"https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250727_064948_img_4762.jpg 2000w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250727_064948_img_4762-300x200.jpg 300w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250727_064948_img_4762-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250727_064948_img_4762-768x512.jpg 768w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250727_064948_img_4762-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250727_064948_img_4762-90x60.jpg 90w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250727_064948_img_4762-480x320.jpg 480w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250727_064948_img_4762-420x280.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">L&rsquo;attente au-del&agrave; de la mar&eacute;e<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&Agrave; travers ces &eacute;tudes, j&rsquo;aligne ma pratique sur les principes du tourisme lent. Pour moi, le tourisme lent ne consiste pas simplement &agrave; passer plus de temps dans un lieu. Il s&rsquo;agit de recalibrer l&rsquo;attention. La lenteur devient une ouverture aux agences plus-qu&rsquo;humaines. Je ne recherche pas l&rsquo;authenticit&eacute; ou la nouveaut&eacute;. Je pratique l&rsquo;accordage. Je laisse l&rsquo;infrastructure, le travail, la corrosion, les vibrations et la pression &eacute;cologique entrer dans le cadre comme des &eacute;l&eacute;ments co-constitutifs.       <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La dimension &eacute;thique de ce travail est centrale. La discussion de Baker sur la respons-habilit&eacute; r&eacute;sonne profond&eacute;ment en moi. J&rsquo;essaie de faire de chaque photographie un acte modeste de t&eacute;moignage. Je pr&ecirc;te attention aux ouvriers peignant les rampes de ferry &agrave; mar&eacute;e basse, aux mouettes se nourrissant pr&egrave;s des postes de douane, &agrave; la mousse colonisant les bords des bornes d&rsquo;amarrage. Ces d&eacute;tails r&eacute;sistent au spectacle. Ils mettent en avant le soin, la r&eacute;paration et l&rsquo;interd&eacute;pendance. Je commence &agrave; voir l&rsquo;infrastructure touristique comme un syst&egrave;me m&eacute;tabolique qui n&eacute;cessite un entretien constant.      <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je pense &eacute;galement en termes de cartographie profonde. Les couloirs de navigation &agrave; Ouistreham conservent des traces des d&eacute;parts en temps de guerre, des migrations &eacute;conomiques, des voyages d&rsquo;agr&eacute;ment et de la vie marine. Je traite le port comme une g&eacute;ographie &eacute;motionnelle plut&ocirc;t que comme un n&oelig;ud logistique. Chaque photographie devient une petite trace ethnographique de rencontre. Ensemble, elles forment une archive de l&rsquo;enchev&ecirc;trement. Elles complexifient les r&eacute;cits simplifi&eacute;s du tourisme durable.      <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne crois pas que le tourisme durable puisse reposer uniquement sur des cadres politiques ou des mesures de carbone. Sans un changement de perception, ils restent abstraits. La photographie posthumaniste offre un moyen d&rsquo;op&eacute;rer ce changement. En me d&eacute;centrant en tant que voyageur et en mettant en avant les processus relationnels, je d&eacute;tourne la photographie de la logique du troph&eacute;e. Elle devient un artefact de temps partag&eacute; et de n&eacute;gociation mat&eacute;rielle.     <\/p>\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2000\" height=\"1333\" src=\"https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250722_152803_z306374.jpg\" alt=\"Un sentier c&ocirc;tier sinueux traverse les prairies sauvages des dunes d&rsquo;Ouistreham, guidant le regard vers l&rsquo;imposant navire de Brittany Ferries, le Mont St Michel. Le navire blanc, pr&ecirc;t pour le d&eacute;part, se d&eacute;tache nettement sur la terre verte et le ciel gris-bleu. La pr&eacute;sence du ferry introduit un rythme humain dans ce cadre naturel tranquille, un moment saisi entre immobilit&eacute; et mouvement, terre et mer, d&eacute;part et retour.  \" class=\"wp-image-8148\" style=\"aspect-ratio:3\/2;object-fit:cover;width:auto;height:600px\" srcset=\"https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250722_152803_z306374.jpg 2000w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250722_152803_z306374-300x200.jpg 300w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250722_152803_z306374-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250722_152803_z306374-768x512.jpg 768w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250722_152803_z306374-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250722_152803_z306374-90x60.jpg 90w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250722_152803_z306374-480x320.jpg 480w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/msp20250722_152803_z306374-420x280.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le Mont St Michel quittant Ouistreham<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ouistreham est souvent v&eacute;cue &agrave; toute vitesse. Les voitures y passent en quelques minutes. Je choisis d&rsquo;y demeurer. Quand je ralentis, l&rsquo;infrastructure r&eacute;v&egrave;le sa profondeur. Les pav&eacute;s mouill&eacute;s refl&egrave;tent la lumi&egrave;re du terminal. Les surfaces en acier portent les cicatrices du sel. Les zones d&rsquo;attente vibrent d&rsquo;un mouvement latent. Ces sc&egrave;nes sugg&egrave;rent que l&rsquo;avenir du tourisme d&eacute;pendra peut-&ecirc;tre moins de la d&eacute;couverte de nouvelles destinations que de la culture de nouveaux modes d&rsquo;attention.        <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce chapitre, j&rsquo;int&egrave;gre la th&eacute;orie posthumaniste &agrave; ma propre pratique visuelle. Je recadre l&rsquo;infrastructure comme un partenaire affectif plut&ocirc;t que comme un support neutre. Je positionne le tourisme lent comme un engagement &eacute;thique avec les mondes multi-esp&egrave;ces et mat&eacute;riels. Mon but n&rsquo;est pas de romantiser le port, mais de rester avec lui, de t&eacute;moigner avec soin et d&rsquo;imaginer le tourisme comme relationnel, responsable et enchev&ecirc;tr&eacute; avec le plus-qu&rsquo;humain.    <\/p>\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/msp.im\/yt7JL9\" target=\"_blank\" rel=\" noreferrer noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"728\" height=\"100\" src=\"https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Banner-4.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-8165\" srcset=\"https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Banner-4.png 728w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Banner-4-300x41.png 300w, https:\/\/markstothard.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Banner-4-437x60.png 437w\" sizes=\"auto, (max-width: 728px) 100vw, 728px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Publiez l&rsquo;&eacute;ditorial complet et les images associ&eacute;es dans votre magazine, revue ou plateforme. 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R&eacute;servez l&rsquo;auteur comme conf&eacute;rencier invit&eacute; pour votre &eacute;v&eacute;nement ou programme. <a href=\"https:\/\/markstothard.uk\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Contacter l&rsquo;auteur<\/a>.  <\/p>\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Tenez-vous au courant de mes recherches<\/h2>\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:25%\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:50%\">\n\n\n\n\n<title>Document sans titre<\/title>\n\n\n\n\t\n\t<div id=\"mc_embed_shell\">\n  \n<div id=\"mc_embed_signup\">\n    <form action=\"https:\/\/markstothard.us22.list-manage.com\/subscribe\/post?u=4af5044a3386a191ef893e6b9&amp;id=a8637aa092&amp;f_id=00a6c2e1f0\" method=\"post\" id=\"mc-embedded-subscribe-form\" name=\"mc-embedded-subscribe-form\" class=\"validate\" target=\"_self\" novalidate=\"\">\n        <div id=\"mc_embed_signup_scroll\">\n           \n           \n\t\t\t\n\t\t\t<div class=\"mc-field-group\"><label for=\"mce-FNAME\">Pr&eacute;nom <span class=\"asterisk\">*<\/span><\/label><input type=\"text\" name=\"FNAME\" class=\"required text\" id=\"mce-FNAME\" required=\"\" value=\"\"><\/div><br><br>\t\t\t\n\t\t\t<div class=\"mc-field-group\"><label for=\"mce-LNAME\">Nom <span class=\"asterisk\">*<\/span><\/label><input type=\"text\" name=\"LNAME\" class=\"required text\" id=\"mce-LNAME\" required=\"\" value=\"\"><\/div><br><br>\t\t\t\n\t\t\t <div class=\"mc-field-group\"><label for=\"mce-EMAIL\">Adresse e-mail <span class=\"asterisk\">*<\/span><\/label><input type=\"email\" name=\"EMAIL\" class=\"required email\" id=\"mce-EMAIL\" required=\"\" value=\"\"><\/div><br><br>\t\t\t\n\t\t\t<div class=\"mc-field-group\"><label for=\"mce-COMPANY\">Organisation <\/label><input type=\"text\" name=\"COMPANY\" class=\" text\" id=\"mce-COMPANY\" value=\"\"><\/div><br><br>\t\t\t\n\t\t\t\n<div hidden=\"\"><input type=\"hidden\" name=\"tags\" value=\"250\"><\/div>\n\t\t\t\n\t\t\t\n        <div id=\"mce-responses\" class=\"clear foot\">\n            <div class=\"response\" id=\"mce-error-response\" style=\"display: none;\"><\/div>\n            <div class=\"response\" id=\"mce-success-response\" style=\"display: none;\"><\/div>\n        <\/div>\n    <div aria-hidden=\"true\" style=\"position: absolute; left: -5000px;\">\n  \/* les vraies personnes ne devraient pas remplir ceci &ndash; ne pas supprimer sous peine d&rsquo;inscriptions par des robots *\/\n        <input type=\"text\" name=\"b_4af5044a3386a191ef893e6b9_a8637aa092\" tabindex=\"-1\" value=\"\">\n    <\/div>\n        <div class=\"optionalParent\">\n            <div class=\"clear foot\">\n                <input type=\"submit\" name=\"subscribe\" id=\"mc-embedded-subscribe\" class=\"button\" value=\"S&rsquo;abonner\">\n\t\t\t\t<br><br>\t\t\t\n\n            <\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/form>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:25%\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">* indique un champ obligatoire<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Bibliographie<\/strong><\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aug&eacute;, M. (1995) Non-places: Introduction to an anthropology of supermodernity. Traduit par J. Howe. Londres : Verso.  <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Baker, C. (2019) &lsquo;From postmodernism to posthumanism: The photographed animal&rsquo;, Membrana, 6(1), pp. 66 &agrave; 71.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Baker, C. (2025) &lsquo;Efflorescence: How art transforms research&rsquo;, in Garland, M., Haynes, J., Gale, K., Bowstead, H. et Quinn, J. (&eacute;ds.) Posthuman adventuring: Moments, movements, encounters. Londres : Routledge, pp. 107 &agrave; 126. <a href=\"https:\/\/www.taylorfrancis.com\/chapters\/edit\/10.4324\/9781032698441-8\/efflorescence-carole-baker\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/www.taylorfrancis.com\/chapters\/edit\/10.4324\/9781032698441-8\/efflorescence-carole-baker<\/a> Consult&eacute; le 1er f&eacute;vrier 2026 <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Barad, K. (2007) Meeting the universe halfway: Quantum physics and the entanglement of matter and meaning. Durham, NC : Duke University Press. <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Blok, V. (2024) &lsquo;Materiality versus metabolism in the hybrid world: Towards a dualist concept of materialism as limit of post-humanism in the technical era&rsquo;, Philosophy and Technology, 37, 60. <a href=\"https:\/\/link.springer.com\/article\/10.1007\/s13347-024-00751-x\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/link.springer.com\/article\/10.1007\/s13347-024-00751-x<\/a> Consult&eacute; le 20 f&eacute;vrier 2026<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Celis Bueno, C. et Schettini, C. (2022) &lsquo;Transindividual affect: Gilbert Simondon&rsquo;s contribution to a posthumanist theory of emotions&rsquo;, Emotion Review, 14(2), pp. 121 &agrave; 131.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Haraway, D. (2003) The companion species manifesto: Dogs, people, and significant otherness. Minneapolis : University of Minnesota Press. <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Manning, E. (2015) Artfulness. Cambridge, MA : MIT Press. <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mansfield, C., Shepherd, D. et Wassler, P. (2021) &lsquo;Deep mapping and emotion in place-writing practice&rsquo;, in Scribano, A., Camarena Luhrs, M. et Cervio, A. L. (&eacute;ds.) Cities, capitalism and the politics of sensibilities. Cham : Palgrave Macmillan, pp. 97 &agrave; 114. <a href=\"https:\/\/link.springer.com\/chapter\/10.1007\/978-3-030-58035-3_6\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/link.springer.com\/chapter\/10.1007\/978-3-030-58035-3_6<\/a> Consult&eacute; le 17 f&eacute;vrier 2026 <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Reed, H. (1946) A map of Verona: Poems. Londres : Jonathan Cape. <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simondon, G. (2020) Individuation in light of notions of form and information. Traduit par T. Adkins. Minneapolis : University of Minnesota Press.  <\/p>\n<\/body><\/html>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Explorer le tourisme sous un angle posthumaniste, en se concentrant sur le port de ferry d&rsquo;Ouistreham sur la c&ocirc;te normande. 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